29/12/2013 

Cette immense agglomération de trente-cinq millions d’habitants mérite-t-elle ce titre?

Pourquoi pas:

  • Aucun avion ne traverse le ciel tokyoïte; le silence aérien est impressionnant et on échappe aux retombées de centaines de tonnes de résidus de kérozène.
  • Le trafic automobile ne représente que quelques pour cents du total des  éplacements de personnes. Pour le reste, les Tokyoïtes utilisent un réseau de transports ferrés d’une densité, d’une fréquence, d’une régularité et d’une propreté impressionnantes.
  • Les véhicules diesels sont interdits, et les innombrables taxis – aux tarifs très raisonnables – roulent au gaz.
  • Un remarquable réseau d’itinéraires pour piétons et cyclistes parcourt les quartiers, empruntant des petites rues à espace partagé où ne passe quasi aucun véhicule automobile. Ces itinéraires se faufilent entre les tours de bureaux et d’habitations, à travers des espaces de sentiers et de jardins hors de tout trafic routier.
  • Le bruit émis par le trafic ferroviaire, très dense, est fortement réduit grâce à des techniques appropriées.
  • Les grands carrefours commerciaux, tels le Shibouya ou le Shinjuku, sont survolés par des passerelles piétons-cyclistes toutes accessibles par des ascenseurs publics.

Tokyo, mégapole verte?Pour autant, tout n’est pas rose…ni vert. Le gros point noir concerne l’isolation  thermique des bâtiments. Ceux-ci doivent répondre à des normes antisismiques draconiennes, qui faisaient passer au second plan les économies d’énergie. Ils consomment donc en conditionnement d’air d’énormes quantités d’électricité pendant les périodes chaudes et humides de l’été.

Comme la catastrophe de Fukushima a provoqué la mise à l’arrêt de toutes les centrales nucléaires du pays, l’électricité est devenue plus rare et donc plus chère. Le choc est brutal et la prise de conscience entraîne, au prix d’immenses efforts, un changement de cap et l’utilisation de techniques alternatives: éolien, cogénération, solaire, etc.

– Jacques Languillier


Cette article vien de La Verte Feuille n° 72, décembre 2013.