charmettes avant

« Les Charmettes » furent un endroit charmant rue du Tilleul à Genval (à côté des terrains de football), avec sa belle villa et ses dépendances au milieu d’un grand parc. Devenue maison de quartier communale, elle a accueilli maintes fêtes, animations et activités diverses. L’ancienne conciergerie, à front de rue, abrite deux associations de jeunesse, et ses façades ont été ornées d’une fresque réalisée en 1981 par des enfants encadrés de peintres muralistes.

On utilise le passé car, depuis une dizaine d’années, le site a vu surgir de nouveaux bâtiments (crèches et local pour les scouts) et un parking. Mais il subsiste toujours un fort parfum du charme d’antan !

Il est fort à craindre que ce charme subsistant en prenne maintenant un fameux coup.

En premier lieu, dans le cadre d’une opération de « restauration du site » (sic), subsidiée par la Région, la commune n’a rien trouvé de mieux que de prévoir la démolition de l’ancienne conciergerie et de ses fresques. De nombreux Rixensartois s’en sont émus (plus d’une centaine de signatures récoltées en une journée lors des fêtes de septembre de l’année dernière) mais rien n’y a fait; la démolition reste
programmée. On nous promet, au mieux, un montage photo pour rappeler la mémoire des fresques.

charmettes apres

Pire : le projet du nouveau bâtiment appelé à prendre la place de l’ancienne conciergerie ressemble à un « paquebot à trois proues » s’étalant sur quasi tout l’espace vert disponible, et n’en conservant que quelques morceaux épars.

La nouvelle façade à rue se veut très démonstrative et son architecture ne semble avoir aucune considération pour le style de la rangée de maisonnettes en vis-à-vis.

Courez voir l’ancienne conciergerie, tant qu’elle est debout, avec ses fresques, délavées mais encore très visibles. Ne trouvez-vous pas qu’en ce temps-là, on savait construire avec le sens des proportions et le respect du voisinage et des espaces verts ? Et on ne vous parle pas du coût de cette opération. Le budget de 500.000 euros va certainement exploser : avec les quelque 550 m² prévus, le million d’euros ne sera pas très loin…

Et alors ? Garder le bâtiment actuel, le rénover et construire une nouvelle aile à l’arrière, plus discrètement, ne serait-ce pas le meilleur moyen de relier le passé au futur, en réduisant nettement le budget à financer au présent?

Par Philippe Lauwers