Il est des livres dont on ne peut que recommander la lecture. La guérison du monde de Frédéric Lenoir (Fayard, Paris 2012, 319 p.) est de ceux-là, tant par l’analyse de la réalité que par les remèdes qu’il propose.

Dans l’introduction, il déclare : De tous les maux qui meurtrissent la planète et l’humanité, la plupart des politiques et des médias semblent n’en retenir q’un : la crise économique. Et ils ne voient bien souvent qu’un unique remède miracle pour y répondre : le retour de la croissance par la relance de la consommation. {…} Il convient de considérer le monde pour ce qu’il est : un organisme complexe et, qui plus est, atteint de nombreux maux : crise économique et financière, certes, mais aussi crise environnementale, agricole, sanitaire ; crise psychologique et identitaire ; crise du sens et des valeurs ; crise du politique, c’est-à-dire du vivre ensemble, et cela à l’échelle de la planète.

En effet, dans toute l’Europe, le remède préconisé se borne à une politique d’austérité et de diminution des dépenses, sans tenir compte des expériences qui démontrent qu’elle n’aboutit qu’à une augmentation du chômage et de la pauvreté et à une diminution du pouvoir d’achat, donc de la consommation et de la production. En Belgique, notre gouvernement n’agit pas autrement et, même dans notre commune, on coupe sans pitié dans les budgets : suppression de postes dans l’administration, réduction des apports au CPAS, aux activités culturelles, blocage de l’aide très symbolique à la coopération au développement (moins d’un euro par an et par habitant), etc..

Ne faudrait-il pas relever la mire et considérer les intérêts réels de la population au delà du court terme ?

Par Pierre-François Mathy