18/09/2013 

Le titre un peu barbare de cette tribune fait référence au plaidoyer pour l’immersion en langues dans l’enseignement maternel et primaire, lancé par notre échevine de l’Enseignement, S. Van den Eynde-Cayphas, dans le « Spécial Enseignement » de juin dernier.

On y apprend qu’une « étude est en cours pour évaluer l’opportunité de l’implémenter dans le réseau officiel » (NDLR : « communal », s’entend).

Pourquoi parlons-nous donc « d’idéologie » ? Parce que l’affaire semble entendue, l’article balayant d’un revers de la main les arguments de ceux qui auraient « encore des réticences, et même ici et là des oppositions ». Relevons, à cet égard, que la recherche d’une solution pour les enseignants actuels de nos écoles qui perdraient leur emploi dans cette opération ne semble pas, selon l’article, être une préoccupation majeure…

Privilégier une pédagogie ouverte à tous les élèves

La place nous manque ici pour entamer un réel débat de fond sur l’immersion. Ce que nous voudrions dire, très simplement, c’est que c’est bien plus que quelques réticences ou oppositions « ici et là » que suscite ce projet. Nos écoles communales sont reconnues pour la qualité de leur enseignement et pour leur ouverture à tous les élèves, quel que soit leur milieu socioculturel. Y introduire une filière d’immersion, c’est provoquer une différence : les élèves seront divisés entre ceux qui « en seront », qui seront en mesure de suivre cette filière, et les autres. Cette situation ne nous parait pas compatible avec l’ambition d’un enseignement de qualité pour tous.

Par ailleurs, en 2005, après une réflexion approfondie, les chefs de nos écoles et l’inspection scolaire étaient arrivés à la conclusion que l’immersion linguistique posait encore trop de questions. Ils ont, à l’époque, privilégié l’augmentation des périodes de cours de langue dès la 3è maternelle, pour tous les élèves, mesure appliquée depuis lors dans nos écoles, sans discontinuer.

Pour un réel débat sur l’apprentissage des langues

Aucun problème, évidemment, à rouvrir le débat de l’immersion aujourd’hui. La moindre des choses cependant serait, d’abord, de procéder à une évaluation de la mesure appliquée depuis 2006 pour renforcer l’apprentissage du néerlandais dans nos écoles. Cette évaluation permettrait peut-être de l’adapter pour en améliorer l’efficacité. Voire de la compléter par des doses d’immersion pour tous les élèves, lors des animations en classe qu’organise chaque école, par exemple. Nous en appelons vraiment à une discussion ouverte, sans tabous !

A lire le Rixinfo « Spécial enseignement », on a plutôt l’impression que les jeux sont faits et que l’immersion sera bientôt introduite dans l’une de nos écoles. C’est d’autant plus étrange que cette méthode d’apprentissage des langues est présentement remise en question par ceux qui l’avaient promue à l’époque : l’immersion au Canada ne semble en effet pas donner les résultats escomptés.

Indispensable adhésion

Nous appelons le collège à la prudence. On ne joue pas avec la pédagogie à la légère. Nos écoles ont avant tout besoin de stabilité et de soutien de la part de la commune. Bien sûr, il faut aussi des projets novateurs mais, pour qu’ils réussissent, l’adhésion de nos enseignants est primordiale ! Ce n’est pas en imposant ses vues qu’on y parviendra.

Suggestion : comme cela a déjà été fait ces dernières années, pour familiariser davantage les enfants avec le néerlandais, soutenez les initiatives de jumelage avec des écoles néerlandophones proches. Le « Spécial Enseignement » souligne à juste titre qu’il suffit pour cela de traverser le lac de Genval en barquette…

Le groupe Ecolo au conseil communal : Martine Biemans, Marion Courtois, Philippe Lauwers, Anne-Marie Lemoine, Anne Mortiaux