Éolien à Rixensart: tout ce qu’il faut savoir sur le sujet

31/12/2013

Et vu l’importance de ce dossier, notez le Café politique que nous organisons le 14 janvier à Rosières avec des acteurs du secteur.

Comment ne pas suivre les recommandations de nos bons vieux « Snuls » pour tenir un débat serein sur l’éolien?

Le dossier de l’éolien est un dossier fondamental pour concrétiser la transition écologique de la société, notamment au niveau de la diminution radicale des émissions de CO2. En tant qu’Ecolo, nous soutenons donc, comme le collège rixensartois, l’initiative du Gouvernement wallon de se fixer des objectifs clairs de production en Wallonie et d’encadrer la mise en œuvre de l’installation des parcs.

Nous regrettons par contre le manque d’information qui a été donnée aux Rixensartoises et Rixensartois de manière proactive sur ce dossier. Déjà fin septembre, nous nous étonnions de la discrétion du Collège sur ce sujet et demandions que l’information soit mieux diffusée. Lors de la réunion de quartier organisée début octobre à Rosières, le collège n’a pas dit un mot sur l’enquête publique, alors en cours depuis 3 semaines ! Une réunion a bien été organisée en urgence fin octobre mais ce fut à la demande de nombreux rosiérois, inquiets du manque d’information…

On constate pour le moins de la légèreté de la part du collège dans le traitement de ce dossier : il y a un mois, on nous présentait un projet d’avis favorable sous réserve ; à présent, l’avis est défavorable, sans motivation convaincante. On émet des réserves sur le fait que le décret n’est pas finalisé (on sait qu’il va l’être bientôt et il ne changera rien quant à la proposition de zones sur Rosières !), que les normes de bruit ne sont pas suffisamment précises (idem !), que la distance à l’habitat est réduite à 400m, ce qui est faux (c’est justement à cause de cela que des zones sont considérées « avec contrainte » !), on se trompe sur les normes de distance française et allemande  (nous en reparlerons plus loin); on trouve que le gouvernement wallon n’a pas assez informé, ce qui est quand même fort osé quand on a soi-même très mal informé ses propres habitants !; on se plaint du manque de concertation avec la Flandre sans expliquer pourquoi cela justifierait un avis négatif de la part de la commune ; on qualifie la zone concernée de « seule zone verte non urbanisée », ce qui est évidemment erroné ; on dit la zone trop restreinte pour accueillir 4 ou 5 éoliennes, alors qu’il n’est dit nulle part que ce nombre soit impératif. Bref, ce projet de délibération est tout sauf convaincant !

En ce qui concerne les 3 zones à Rosières, après avoir pris divers avis, il semble qu’il y ait peu voire pas de possibilités de voir s’implanter des éoliennes à Rixensart au vu de la combinaison des contraintes partielles. La carte positive du Gouvernement wallon n’a pas analysé, de manière exhaustive, chaque m2 du territoire en Wallonie. Mais a toute de même identifié des zones vertes foncées qui sont les zones les plus propices au développement éolien. Le territoire de Rixensart n’est constitué d’aucune de ces zones sans contrainte. Par ailleurs, le lot 3, qui reprend la partie centrale du BW, et dont fait partie Rixensart, a un potentiel total de max 10 éoliennes en plus de celles qui existent déjà. Vu le nombre de zones favorables sans contrainte plus au sud, ces 10 éoliennes trouveront bien plus facilement à s’implanter dans les zones réputées favorables du lot 3 qu’à Rixensart, zone avec contrainte, rappelons-le. Il y a donc peu de chances de voir des mâts s’y construire dans un avenir prévisible.

Nous voudrions dire un mot également de la concertation avec nos voisins d’Overijse. Plusieurs habitants de cette commune ont réagi négativement, de même que la commune elle-même. L’absence de concertation est unanimement déplorée. Et nous partageons ce constat. Nous n’avons toutefois pas voulu en rester là et avons pris contact avec nos voisins de Groen. Et nous pouvons vous dire que leur position est plus nuancée que le refus pur et simple ! D’une manière générale, ils sont favorables à l’éolien terrestre. Ils considèrent que la zone située sur les hauteurs de Rosières/Malaise, bien que non prioritaire, ne doit pas être rejetée d’office, pour autant que les contraintes aient été levées, que l’impact paysager soit acceptable et que toutes les normes (de bruit notamment) soient évidemment respectées. Nos amis d’Overijse considèrent aussi que si un projet devait être initié, ce devrait être un projet à participation citoyenne, avec les communes concernées.

En conclusion, nous justifions notre abstention pour les raisons suivantes :

  • D’un côté, nous marquons notre accord avec le Collège pour saluer la volonté du gouvernement wallon d’objectiver les critères de développement de l’éolien en Wallonie.
  • Nous pensons de plus que, même si certains éléments montrent qu’on pourrait placer des éoliennes dans notre Commune, les contraintes des 3 zones de Rosières ont été identifiées, ce qui montrent qu’il y a d’autres zones plus propices dans le Brabant Wallon pour le faire. Nous émettons donc un avis favorable sur les zones définies par le gouvernement wallon.
  • Nous regrettons, en revanche que le Collège ne propose pas de manière proactive « de soutenir, dans la mesure des disponibilités budgétaires, toute initiative citoyenne visant à investir dans un projet éolien du Brabant Wallon ». Cette suggestion avait été également faite par la Commission communale d’aménagement du territoire et de la mobilité (CCATM).
  • En outre, comme exposé précédemment, plusieurs des considérants nous semblent peu clairs voir trompeusement raccourcis. Je voudrais revenir par exemple « à la distance recommandée en France et appliquée en Allemagne de 1500 mètres ». Ceci n’est pas correct. Selon les cas, les distances imposées en Allemagne vont de 300 à 800 m et la recommandation française est de 500 m. Ajoutons que le Danemark par exemple, dont près de 20% de la production d’électricité est d’origine éolienne, impose une distance de 4 fois la hauteur du mât, soit, pour une éolienne classique de 150m pales levées, une distance égale à la norme wallonne. Ces données proviennent d’un tableau de l’agence pour la promotion des énergies renouvelables (APERE), résumant les distances et les conditions dans un ensemble de pays dont l’Allemagne. Les 1500 mètres ne sont appliqués que dans certains cas précis.
  • Enfin, vous êtes muets sur d’autres points qui pourraient étayer des réserves quant à l’implantation d’éoliennes à Rosières : nous pensons à l’aspect paysager (par ailleurs soulevé également par la CCATM) et à la préservation d’un chemin de promenade fort apprécié par les habitants.

Pour ces raisons et pour le manque d’informations données par la commune aux citoyens, ce qui a probablement engendré peur, incompréhension, sentiment d’impuissance, nous nous abstiendrons sur votre projet d’avis.