Compte-rendu de la soirée-débat sur la démocratie participative

Chères citoyennes, chers citoyens, nous avons débattu hier soir des enjeux de la démocratie participative avec Christos Doulkeridis, député bruxellois ECOLO et président du groupe ECOLO au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et avec Dorian Kempeneers, Echevin de l’environnement et de la participation citoyenne à Olne.

Je vais essayer de vous donner une vue d’ensemble des échanges que nous avons vécus, les commentaires des personnes présentes étant les bienvenus ! Eh oui, c’est ça le processus participatif !

Christos Doulkeridis nous a fait part de son expérience dans le cadre de son mandat de ministre et secrétaire d’Etat du tourisme et du logement à Bruxelles. Il nous a indiqué à quel point combler le fossé entre les citoyens et le monde politique nécessite de développer une culture de la concertation. C’est un processus qui implique une co-responsabilité : les élus doivent pouvoir prendre en compte l’avis des citoyens et les citoyens doivent pouvoir s’impliquer dans la réalisation des projets. Le jeu en vaut la chandelle ! Son expérience s’est avérée bénéfique : cela a amélioré la qualité de la relation entre les élus et les citoyens, la qualité des projets et le niveau d’engagement de toutes les parties !

Dorian Kempeneers nous a fait part de son expérience de constitution d’un budget participatif à un niveau communal. Ce processus s’est déroulé en plusieurs phases : une « phase d’alphabétisation » budgétaire – car manier un budget nécessite des connaissances spécifiques – une phase de choix des projets et une phase d’évaluation. C’est un budget de 10.000€ qui a été alloué afin d’affecter des ressources publiques à des « projets citoyens ». Un tel processus nécessite de sortir d’une logique d’intérêts personnels et d’arriver à définir ensemble quels sont les enjeux prioritaires dans la commune. Un pas plus loin serait de permettre une consultation citoyenne concernant l’affectation de l’ensemble des ressources publiques…

Différents enjeux ont été identifiés :

  • Comment mieux relayer les résultats positifs des processus de participation ? Les médias ont tendance à relayer non pas les débats constructifs mais bien au contraire les conflits, les postures caricaturales, comme si seuls les scandales pouvaient inciter le monde politique à se soucier de l’éthique.
  • Comment assurer la pérennité des actions des femmes et des hommes politiques lorsque ceux-ci achèvent leur mandat ?
  • Comment éviter que les décisions soient déjà prises avant la consultation de la population ? Comment éviter l’hypocrisie de faire croire aux citoyens qu’ils ont une influence sur des projets décidés sans eux ?
  • Comment faire émerger une intelligence collective ?
  • Comment assurer un financement durable des associations afin qu’elles puissent assurer leur indépendance d’une part et leur représentation de la société civile d’autre part ?
  • Comment permettre une représentation équilibrée et égalitaire des citoyens ?
  • Comment rendre l’information accessible et compréhensible pour permettre aux citoyens de saisir les enjeux ?

Voici quelques pistes pour innover en matière de démocratie participative :

  • Organiser une « alphabétisation », un processus d’apprentissage des enjeux communaux, en matière par exemple d’urbanisme, une compétence pour laquelle l’administration communale a des contacts avec les citoyens ;
  • Organiser un tirage au sort de citoyens pour assurer plus de représentativité (selon des modalités permettant une telle représentativité) ;
  • Multiplier les pistes de participation citoyenne et faire assurer l’animation des réunions par des spécialistes des processus de concertation et de participation indépendants – afin de permettre un rapport de ‘forces’ équilibré et l’émergence de projets réellement co-construits par les élus et les citoyens ;
  • Permettre une combinaison de réunions ‘physiques’ et une implication à distance (via des canaux numériques) des citoyens – afin de tenir compte des contraintes en temps et en énergie inhérents à tout processus de participation.

Vos suggestions sont les bienvenues ! Le débat ne fait que commencer !

Je rajoute ci-dessous l’apport d’un des participants à la soirée:

« C’est une utopie », dit-on quand on propose l’idée d’une société « parfaite », harmonieuse. Depuis très très longtemps, des personnes ont décrit des utopies: des Grecs, des Anglais, des Français,des Italiens, entre autres. Le plus connu est un premier ministre anglais, Thomas Moore, il y a 500 ans. Cet homme a écrit justement l’Utopie, où il décrit ce monde parfait. Hélas, ce mot est devenu presque péjoratif  : un monde de nulle part (ça vient du grec « aucun lieu ») Depuis lors, chaque fois que quelqu’un propose une belle et grande idée, on dit simplement : »C’est une utopie » , sous-entendu : « Faut pas rêver ». …ou « trop beau pour être vrai »

Et pourtant, on rêve encore… Ceux qui rêvent et qui le disent et qui le proposent, sont convaincus que le rêve peut devenir un projet. C’est cela que j’ai entendu et senti au cours de cette soirée de démocratie participative. Des Hulpois, des Lasnois, des Rixensartois : ils et elles sont venus le dire :  » Cela n’existe pas encore, mais on s’y met, ensemble, simplement. Et on le dit, dans le quartier, au boulot.   Et cela devient un projet, et on s’y met à plusieurs, en association, en groupe de partage, en groupe  politique. »
Content que j’étais, de rêver tout haut avec ces quarante habitants de la Mazerine.
Evidemment, cela nous engage, ça va être long… Car le rêve-projet, ça fait du bien, mais ça prend du temps et de la fatigue, de la réflexion, des débats. Avec un gros plus : c’est toujours des rencontres, c’est bon,ça.
Rêvons, mais pas chacun-e pour soi dans son coin. Et restons éveillés, quand même!

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