Peut-être … Deux réacteurs nucléaires de 1000Mw sont à l’arrêt (définitif ?) pour cause de microfissures dans leur cuve, et un troisième à l’arrêt temporaire suite à une perte d’huile (volontaire ?) au turboalternateur.

Le grand rêve prométhéen d’électricité nucléaire abondante, fiable et bon marché, vire au cauchemar.

D’ailleurs, pourquoi diable fallait-il commander ces cuves chez un fournisseur d’acier hollandais improbable, alors que nous avions chez nous un spécialiste mondialement reconnu (Cockerill) ?

C’était peut-être un peu moins cher, mais combien de milliards d’euros va coûter l’arrêt prématuré de ces deux énormes réacteurs ?

Sur un plan général, notre approvisionnement en électricité est entre les mains de grands groupes étrangers, dont la logique de décision est basée sur l’intérêt immédiat des actionnaires, et pas du tout sur le bon fonctionnement de notre société civile. Par exemple, la décision récente de fermer les centrales TGV (turbines gaz-vapeur) modernes et à haut rendement pour cause de rentabilité insuffisante, est absurde car, grâce à leur très grande réactivité, elles sont le complément idéal aux énergies éoliennes et solaires, variables par
nature.

On nous assène d’autre part que l’électricité ne se stocke pas, et donc que l’éolien et le solaire sont difficiles à utiliser, mais les centrales de pompage qui stockent l’eau en hauteur quand la production dépasse la consommation, et turbinent cette même eau quand c’est l’inverse, existent bien (Coo et Revin à la frontière française) mais leur construction coûte cher, et ne rentre plus dans le cadre de la rentabilité à court terme.

Il serait grand temps qu’un enjeu aussi stratégique que notre approvisionnement en électricité soit pris en compte pour que notre société fonctionne le mieux possible, et pas seulement pour satisfaire quelques actionnaires priviliégés.

 

Par Jacques Languillier & Gérald Bocken